Des le prégénérique on peut observer la fusion de 2 styles différents,
marqué principalement par la musique. Entre l'enterrement avec une
musique dramatique, des plans " conventionnels " par rapport aux
flash-back ou la musique est plus stressante, de plus les plans sont
plus modernes, légèrement décalé ; ce qui se colle à la vue qu'aurait le
futur mort ou bien la caméra avance au ras du sol ce qui est loin des "
portraits américains ". Première présentation d'Isaac Louria, il est ici
représenté dans une situation qui laisse monter des sentiments complexe
tel que savoir qu'on va mourir mais essayer quand même d'implorer ses
assaillants.
Cet épisode est marqué tout le long par un très beau jeu de plan…
beaucoup de zones floues qui varie selon l'intensité" voulu ou
l'importance donnée aux personnages. Ainsi on peut admirer le
balancement entre le premier plan et le second ou plus.
Lors de la rencontre entre Mulder/Scully et Jacob Weiss il y a une nette
séparation marqué par le " vos lois " on peut ainsi se demander s'il a
repéré que Scully était catholique. De l'autre côté il y a le raciste
parano. Mulder/Scully se retranche dans leur métier pour être sûr qu'on
ne leur demande aucune prise de position, ils jouent en gros le rôle de
médiateurs entre raciste et juifs : les deux se ressembles par le désir
de vengeance.
Les 3 jeunes sont suivis par une caméra très dynamique qui suit leur
mouvement, rapide, saccadé. Ainsi dans le cimetière lorsqu'ils vont
pratiquer leur acte, la caméra est très mobile jouant encore sur les
différents plans, comme lorsque le décalage passe des jeunes en arrière
plan sur la main vengeresse. Mulder nous montre ici encore son pouvoir
de profiler lorsqu'ils sont sur les lieux de sépulcre, il sait pourquoi
les jeunes sont revenus exhumer le corps non pas par vengeance comme le
suggère Scully mais bien par peur, comme peut le démontrer la façon dont
ils s'y sont pris, ils ont ouvert le cercueil à la pelle tellement
l'impatience de vérifier que leur " ennemis " soient bien mort !
[ on peut apprendre que la tradition juive veut que l'on embaume les
corps et qu'ils soient enterrés avec rien qui puisse rappeler leur
position sociale]
Ici encore une bonne prestation d'un rôle mineur, le jeune qui va voir
l'imprimeur pour toucher son solde. On peut vraiment lire dans ses
yeux le fanatisme qui déborde l'imprimeur. Première allusion au pouvoir
des mots " tout ça ce n'est que des mots ". C'est ce qui renforce le
fait que Weiss et l'imprimeur se ressemble en fait beaucoup, ils savent
tous les 2 le pouvoir qu'ont les mots.
[" Isira " les livres de la création, les plus vieux textes hébreux sur
la communion mystique avec le divin, là encore il y a une intrusion dans
la communauté religieuse et ses habitudes car on apprend qu'il n'est pas
habituel de placer ce livre avec les morts, car il a été précisé les
morts ne doivent avoir aucun signe distinctif dans leur linceul]
Scully nous montre encore une fois sa capacité de générer des
explications scientifiques (plus ou moins vaseuses) pour tout. Ainsi
elle explique le fait qu'un livre s'enflamme spontanément soit par le
fait que le livre à été trafiqué (donc que quelqu'un savait qu'ils
finiraient par tomber sur le livre et donc que la profanation de la
tombe à été qu'un appât…. Un vrai complot ! ! !) soit une histoire
d'empoisonnement à l'arsenic de la terre, bien que je ne sois pas
spécialiste de ce type d'empoisonnement je pense que ça devrait être
observable autrement que par des livres qui prennent feu ! du style les
plantes dépérissent… Mais même le spécialiste juif s'ennuie avec les
explications de Scully. Bien qu'elle cherche un appui auprès de Mulder
ou qu'elle souhaite se justifier, elle ne trouve qu'un regard pouvant
signifier " oui mais bon t'abuse pas un peu là ? ? ? "
Un autre passage intéressant est celui de la bague de marié. La
symbolique de la bague : tous les hommes deviennent des rois, leur
épouses des reines et leur domicile un château.. très belle
justification de la communion de l'amour de 2 êtres. Cette image est
d'une grande beauté et là encore le pouvoir des mots qui transforme des
personnes soumises en maître de leur royaume. Le pouvoir des mots qui
est connu de tous mais jamais exploité à sa juste valeur, on ne lui fait
pas confiance, après tout ce ne sont que des mots.
Dans le grenier de la synagogue il y a un superbe jeu d'ombre et de
lumière qui justifie toute la photographie d'X-files, Mulder
principalement passe d'ombre à éclairage, et quelque fois seul son
profil est à jour. Ce lieu parsemé de tache de lumière n'est pas sans
rappeler un autre X-files, Humbung là où Mulder et Scully coursent le "
frère " siamois de Lanny (Vincent Schiavelli).
Ici Mulder est décalé par rapport à la ferveur religieuse ou même la
passion, ce qui explique le peu de tact qu'il a par égard à Jacob Weiss,
ou même par rapport à sa fille. De plus il ne joue pas au " gentil "
comme d'habitude mais pratique plutôt une sorte de 'rentre de dans'
contre les principaux protagonistes, ce qui est une manière de prouver
son intégrité, comme quoi il ne prend pas partit.
Le mythe du Golem, dans la cabale juive, image ou forme brute à laquelle
une formule magique donne vie. Le golem, qui signifie "embryon", ou
toute chose qui n'est pas entièrement développée, prend généralement la
forme d'un robot ou d'un automate. Dans la Toha (Psaumes CXXXIX, 16) et
dans le Talmud, le terme fait référence à une substance informe.
Par la suite, on considéra les golems comme propres à offrir une
protection spéciale aux juifs.
Donc seul un homme vertueux peux créer un être à partir de la boue ou la
glaise. Ici la veuve est vertueuse de part le fait qu'elle sera
prochainement reine, et que son amour est sans limite. Mais le golem
sera un corps sans âme, subissant des émotions violent.
Là encore le pourvoir des mots : le mot permettant d'animer la boue
signifie " vérité " mais en effaçant la première lettre cela signifie "
mort ". Là encore ce ne sont que des mots mais ça a le pouvoir de vie ou
de mort sur quelque chose/quelqu'un.
Le golem est ici fait par amour, c'est un sentiment primaire ainsi que
la vengeance. Ce qui explique pourquoi tous ces morts, comme quoi on ne
peut pas contrôler les gens même si notre amour les fait vivre. Ce n'est
de plus pas un amour illusoire, c'est juste pour pouvoir lui dire au
revoir une dernière fois, elle se recrée les moments qui lui ont manqué
et qui aurait pu lui manquer toute sa vie.
De plus il y a à la fin encore un superbe exemple de photographie, grâce
au contraste entre le blanc de la robe de marier et le golem, créature
de l'ombre, qui reste toujours dans l'ombre, on peut se demander s'il
est conscient de n'être que l'ombre d'un homme et que l'amour que lui
porte la femme n'est que l'ombre de l'amour qu'elle portait à son futur
époux.