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Le personnage de
Dana Katherine Scully
Dana Katherine Scully est issue d'une famille bourgeoise (comme Mulder) dont le
chef de famille, William Scully, est un dignitaire de l'armée, entièrement dévoué à
sa fonction. Scully a une soeur plus jeune, Mélissa, qui mourra des suites d'une
balle destinée à Scully. De plus Dana a un frère plus âgé et un plus jeune.
Mélissa met en relief le scepticisme de Dana, car opposé aux diverses croyances de sa jeune sœur, nettement ouverte
et favorable à des " sciences " moins conventionnelles telle l'hypnose régressive.
Les relations de Scully avec sa famille semblent aussi complexes que celles de Mulder avec la sienne, bien qu'une
tragédie telle que la disparition de Samantha Mulder ne soit pas le noyau des enjeux affectifs de la famille Scully.
Quoi qu'il en soit, le refus de Dana de suivie une voie toute tracée dans le domaine médical semble être la clé de sa
relation conflictuelle avec son père.
En effet, en choisissant une carrière plus obscure dans le FBI, Scully n'a pas
répondu aux aspirations de son père, conventionnel au possible. Néanmoins un réel attachement la lie à lui. Elle
apparaît parfois comme une enfant cherchant désespérément l'assentiment de son " géniteur ". Scully est donc dès le
départ partagée entre sa passion pour son métier au sein du Bureau et le refus de son père de considérer ce choix
autre que comme une voie de garage.
Quant à sa mère, Margaret, c'est un personnage plus effacé, apparemment sans grande envergure, entièrement
dévouée à son époux et à ses enfants mais d'un naturel plutôt froid qui, tout comme sa fille, ne semble pas capable
d'extérioriser.
Pour en revenir plus précisément au personnage de Dana Scully, c'est un être rationaliste au possible, hermétique
à toute explication qui sortirait des limites que son esprit scientifique et qu'une certaine peur de l'inconnu lui imposent.
Son affectation au service des affaires non-classées correspond au désir (et sûrement au besoin) des ses supérieurs
de garder un œil sur l'agent Mulder et ses éventuelles découvertes. Elle s'est donc vue chargée (officieusement) de
rendre régulièrement des rapports sur les activités et le comportement de son nouveau collègue, que les hautes
instances du Bureau considèrent comme fort subversif.
Peu à peu, ses convictions limitées au domaine du possible 'démontrable' vont se trouver ébranlées par l'aplomb
avec lequel Mulder lui expose ses théories apparemment rocambolesques. Elle fera d'ailleurs les frais de son
" revirement " à plusieurs reprises. Sa confiance aveugle en la science, en son propre jugement pour le moins
rationnel l'empêchent toutefois d'accepter ce qui lui semble appartenir à l'univers des contes de fées ou plutôt de
" l' héroïc fantassy ".
La foi cartésienne de cet agent apparemment conventionnel sera de plus en plus mise à rude épreuve au fil des
épisodes. C'est d'ailleurs ce qui arrivera lorsqu'elle sera mise en contact avec Duane Barry (dans Duane Barry
partie 1 et 2).
En effet, contre toute attente, elle est apparemment enlevée par ce que l'on nomme de manière
euphémisante des
" entités biologiques extra-terrestres " qui auraient pratiqué sur elle des tests médicaux à la
fois futuristes et barbares.
On en arrive même à se demander si elle n'aurait pas été " fécondée " pendant ce séjour forcé au terme duquel
elle faillie perdre la vie. Bref, " Welcome to the Twilight Zone " !
Mais Scully est également et avant tout une femme bien que cet aspect primordial et évident de sa personnalité
soit mis de côté le plus souvent. A la différence de son partenaire, totalement aveuglé par " sa quête du Saint Graal "
, elle est consciente de la douleur des individus qu'elle est amenée à rencontrer au cours de ses enquêtes. Elle peut
être plus subtile que Mulder dans son rapport aux autres. Ce en quoi ils apparaissent plutôt complémentaires.
Cependant, ne soyons pas naïfs, il est évident qu'il lui arrive de rentrer à fond dans ce qui lui semble des
élucubrations de psychotiques afin de boucler son enquête.
D'un point de vue professionnel, elle a une formation en médecine légale, et un Ph.D de physique ; ce qui lui permet
de pratiquer bon nombre d'autopsies au cours des différentes enquêtes. De plus, elle à de sérieuses connaissances
en pathologie, psychiatrie et psychologie. Scully est à même, ainsi que Mulder, de tracer le portrait de certains
individus sur lesquels elle doit enquêter. C'est d'ailleurs ce qui arrivera lors de l'enquête sur Eugene V. Tooms
(Squeeze) au cours de laquelle elle brosse un portrait psychologique de " l'assassin mutant ".
De plus, ses connaissances en médecine et en biologie lui permettront d'apporter un éclairage nouveau et pertinent
à cette curieuse investigation qu'était celle de l'arrivée à bord d'un bateau venant de Russie aux Etats-Unis d'une
sorte de ver géant à moitié humain (L'hôte), une étrange créature victime d'une mutation génétique due aux radiations
de Tchernobyl.
Il en ira de même lors de l'enquête aboutissant à la fermeture des Affaires non-classées (Les hybrides) car elle
découvrira, grâce à l'aide d'une scientifique, Anne Carpenter, une anomalie pour le moins étrange dans l'ADN
qui sera dès lors qualifié d'extra-terrestre.
Mais ses qualités de femme ne font pas que lui rendre service disons même qu'elles la poussent à commettre
ce que nous appellerons " des petites erreurs de jugement ". En effet, elle s'entêtera, par exemple, à vouloir
innocenter le membre d'une secte pour le moins particulière (Masculin Féminin). Elle sera d'ailleurs tout autant
troublée par le personnage lui-même que par le malaise qui s'en dégage. Malgré tout, c'est une femme de tête et
d'initiative, comme elle le montrera à plusieurs reprises. Par exemple,
lorsqu'elle sera confrontée avec Mulder au personnage du pyrokinétique, Scully poursuivra scrupuleusement et
de manière pour le moins pugnace son enquête, malgré la volonté affichée de son partenaire de la laisser à l'écart.
Scully est tout aussi entêtée que Mulder mais pas pour les mêmes raisons, pas à cause des mêmes motivations du
moins.
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En ce qui concerne son physique, c'est une jeune femme pleine de charme, ne correspondant absolument
pas aux canons de beauté respectés dans les séries de ces dernières années. Son aspect strict n'occulte en aucun
cas son charme bien que le sujet ne soit pratiquement jamais abordé dans la série. On apprendra uniquement qu'elle
eut une aventure avec son instructeur à l'Académie, Jack Willis lors d'une enquête pour le moins étrange de
réincarnation. Il mourra au terme de l'enquête, la laissant seule face à ses doutes quant au paranormal. De plus,
nous la voyons en compagnie d'un divorcé particulièrement rébarbatif dans l'affaire du Diable du New-Jersey.
C'est alors que l'on comprend que la perspective d'une vie de famille sereine et encrée dans le quotidien ne fait
pas partie de ses aspirations, encore moins de son " plan de carrière ".
Scully est en fait une femme de tête, qui ne laisse percer ses angoisses et ses doutes qu'à l'occasion de situations
extrêmes. Telle Mulder, elle se dévoile au fur et à mesure des épisodes. C'est ainsi que nous sommes
amenés à
apprécier petit à petit ce charmant " iceberg ".
Aussi, elle apparaît réellement en tant que Dana (et non pas en tant
que l'agent spécial Scully) alors que son père vient de mourir ( Le message ) et où nous la découvrons très affectée
par la mort de son père et les révélations de Luther Lee Boggs.
De plus, une des enquêtes qui nous présente Scully dans toute son humanité, donc dans toute sa vulnérabilité est
celle concernant ce fétichiste. Lors de cette investigation, elle aura à affronter ses propres démons et à réagir
davantage en femme qu'en être à sang-froid.
En définitive, Dana Scully est un personnage plus secret que Mulder dans la mesure où elle ne se dévoile pas
particulièrement par une pugnacité maladive et obsessionnelle lors des enquêtes qu'ils ont à traiter. C'est également
un être déroutant, surprenant et qui plus est, complémentaire et indispensable à Mulder.
Au fur et à mesure de leur relation, Scully s'est imposée non seulement comme partenaire de Mulder, mais
comme pendant indispensable au maintien de l'équilibre de la série.
Article de Béatrice "Scully" Huré
http://www.worldnet.fr/~villemad/francais/x-files.shtml